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DU QUARTIER OUVRIER AU QUARTIER INCLUSIF

Ce sont 20 marcheuses et marcheurs qui ont bravé les derniers, espérons-le, soubresauts de l’hiver et du début du printemps, ce 7 mai 2026, pour participer au circuit urbain Du quartier ouvrier au quartier inclusif, présenté par Écomusée du fier monde et animé par le guide Éric.


Cette visite inspirante, au cœur d’un ancien quartier ouvrier, a fait naître chez moi une certaine émotion, les récits historiques d’Éric faisant écho à ma propre enfance puisque je suis née dans cet arrondissement il y a plus de 70 ans.


Notre parcours a débuté à l’Écomusée du fier monde, aménagé dans l’ancien bain public

Généreux, à l’angle des rues Atateken et Ontario. Une exposition y était présentée, mais puisque notre guide avait comme mission de nous faire découvrir l’histoire du quartier ouvrier du Centre-Sud, nous avons d’abord pris le temps d’en apprendre davantage sur l’ancien bain public avant de poursuivre notre visite à l’extérieur, sur les trottoirs du quartier. Peut-être qu’une prochaine marche nous donnera l’occasion de découvrir l’exposition permanente À cœur de jour! Grandeurs et misères d’un quartier populaire.


Le territoire du Centre-Sud est délimité par la rue Saint-Hubert à l’ouest, le fleuve Saint-Laurent au sud, la voie ferrée du Canadien Pacifique à l’est et la rue Sherbrooke au nord. Il comprend le Village gai, le quartier Sainte-Marie et une partie du quartier Saint-Jacques. Tout au long du parcours, nous avons appris que le nom de la rue Ontario signifie, en langue autochtone, « eau miroitante », en référence aux Grands Lacs, tout comme les rues Huron et Érié situées à proximité. Quant à la rue Atateken, son nom signifie « fraternité » ou « rencontre des peuples ».



Nous avons observé plusieurs bâtiments emblématiques du quartier, dont le Marché Saint-

Jacques, établi en 1930, des résidences ouvrières munies de portes cochères datant du milieu des années 1800, ainsi que l’ancienne caserne de pompiers Beaudry, construite en 1918, avec sa tour servant autrefois à faire sécher les boyaux d’incendie. Nous avons également découvert des parcs aménagés à la suite d’incendies ayant détruit institutions et habitations, de même que plusieurs anciens complexes industriels, dont les usines de confitures et marinades Raymond d’Alphonse Raymond, datant des années 1930 et aujourd’hui reconverties en espace culturel de l’Usine C.



Nous avons aussi fait halte au Centre St-Pierre, anciennement la Maison St-Pierre ou l’Îlot Saint-Pierre-Apôtre. D’abord école dirigée par la Mission des Oblats, l’édifice a connu plusieurs transformations avant de devenir, en 1974, un important carrefour de transformation sociale et d’éducation populaire, regroupant aujourd’hui une quinzaine d’organismes communautaires.


Notre guide a également pris soin de nous faire emprunter la petite rue Lartigue, étroite et sinueuse, afin de nous faire admirer la charmante « Maison du Français », ornée de céramiques à la portugaise et de jolies boîtes à fleurs. Cette rue témoigne encore aujourd’hui du caractère ancien du faubourg et de son urbanisation d’origine.



La visite s’est terminée devant l’ancienne tour de Radio-Canada, un imposant édifice de 23 étages construit dans les années 1970 sur un vaste terrain dont l’aménagement avait alors forcé le départ d’une centaine de familles. Vendue vers 2015, la tour était un symbole marquant du quartier. Aujourd’hui, l’avenir du site reste encore à définir.


Parmi les nombreuses anecdotes d’époque partagées par notre sympathique guide, certaines nous ont particulièrement fait réfléchir aux odeurs qui imprégnaient autrefois le quartier : les fraises, le vinaigre des cornichons, le malt des brasseries, le cuir des tanneries ou encore la colle des ateliers d’ébénisterie. On comprend ainsi que les soirées du quartier n’étaient pas uniquement parfumées à la rose!


La marche s’est terminée autour d’un bon breuvage chaud, fort apprécié après cette longue promenade balayée par une surprenante brise froide qui nous a accompagnés tout au long du parcours.


Merci à Marche Santé pour cette magnifique leçon d’histoire urbaine !


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