Sur les traces de la communauté italienne de Ville-Émard

En cette belle journée de fin d’été, nous avons retracé l’histoire de la communauté italienne de Ville-Emard guidés par Francine qui a vécu dans le quartier plus de 50 ans.

En 1911, il y a près de 7000 personnes de nationalité italienne à habiter sur l’île de Montréal. Ceux-ci résident d’abord dans le centre de la ville, mais on observe dès le début du siècle un mouvement vers la périphérie : plusieurs choisissent le secteur du canal de Lachine pour travailler dans les manufactures environnantes. De bouche à oreille et de fil en aiguille, les premiers arrivants d'une même région informaient leur entourage des occasions d'emploi, ce qui a regroupé des vagues d'immigrants italiens au sein des mêmes compagnies et des mêmes quartiers. Des immigrants italiens s’installent par exemple à Ville-Émard pour travailler à la Canadian Tube & Steel Company, ouverte vers 1910 au coin des rues Saint-
Patrick et Hamilton.

Le petit parc des Métallos situé sur la rue Jacques-Hertel rend hommage aux travailleurs des anciennes usines qui, suite à de multiples accidents majeurs, se sont battus pour demander de meilleures conditions de travail.

Dans les décennies qui suivent, de plus en plus de familles italiennes choisissent le quartier Ville-Émard qui vivent principalement dans les rues Hurteau et sur le boulevard Monk. Dans les années 1920 et 1930, d’importantes institutions italiennes apparaissent dans le quartier, lui conférant même une réputation internationale. Les antifascistes italiens de Montréal inaugurent la Sala Mazzini, un centre de discussions politiques et de rencontres établi en 1927 dans la rue Jolicœur.

La communauté italienne se démarque aussi par son sens des affaires. En 1929, la famille Di Lallo ouvre un petit marché au coin des rues Allard et Monk. Le commerce est rapidement transformé en restaurant, rendu célèbre grâce à son Buck Burger. L’édifice ou il situe sera éventuellement exproprié pour faire place à la station de métro Monk et se relocalisera tout près sur la rue Allard. Les générations successives des Di Lallo ont contribué à l’essor du quartier notamment par son implication dans des activités sportives et caritatives. En 1949, la première paroisse italienne de Ville-Émard, Saint-Jean-Bosco, se dote d’une église dans la rue Springland.

Après la Seconde Guerre mondiale, Montréal reçoit une nouvelle vague d’immigration italienne. La communauté italienne se disperse dans de nouveaux quartiers, mais conserve une place importante dans Ville-Émard. Plusieurs commerces attestent toujours de la présence de ce groupe dans le secteur. En témoigne l’épicerie Pastamalfi, qui fabrique des pâtes fraîches et que nous avons visitée à la fin de notre parcours.
Quelques personnalités connues qui vivent ou ont vécu dans le quartier: la comédienne Marina Orsini et l'hockeyeur Mario Lemieux, qui a marié une Italienne.

C'est autour d'un verre au café Central que s'est achevée notre visite. Merci à Francine de l’avoir organisée.




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